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PrÉSentation

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6 février 2007 2 06 /02 /février /2007 08:29

 Apollon est un dieu solaire de la mythologie grecque, aussi dieu de l'art et de la poésie. Dans les Métamorphoses,Ovide raconte qu'Apollon tua accidentellement son amant humain Hyacinthe, lors d'un entrainement au disque, puis comment il transforma son corps en fleur (jacinthe) pour en perpétrer le souvenir.

D'après la Bibliothèque d'Apollodore, avant Apollon, Thamyris, fils de Philammon et de la nymphe Argiope, était aussi tombé amoureux de Hyacinthe : ce fut le premier amour homosexuel. En voici une représentation datant de l'Antiquité.

Vase grec représentant Thamyris et Hyacinthe

Le rapprochement des corps des deux hommes ne laissent aucun doute quant à leur homosexualité.

Texte

Le narrateur est Orphée.

Et toi, fils d'Amyclès, Phébus dans le ciel t'aurait aussi placé toi-même, si l'inflexible Destin l'eût permis. Du moins, autant qu'il est en son pouvoir, il te rend immortel. Toutes les fois que le printemps vient chasser l'hiver, et que la constellation pluvieuse des Poissons fait place à l'étoile du Bélier, Hyacinthe, tu renais, tu refleuris sur ta tige. Plus que tout autre, tu fus cher au dieu qui m'a donné le jour. Dans son temple placé au milieu du monde, Delphes en vain implore sa présence, tandis qu'avec toi il erre sur les bords de l'Eurotas et dans les champs de Sparte. Il oublie et son arc et sa lyre; il s'oublie lui-même pour tendre tes filets, pour conduire tes chiens. Il gravit, sur tes pas, la roche escarpée. Il veut te plaire, et c'est sa plus douce habitude.

Un jour où le soleil, au milieu de sa carrière, s'éloignait également du soir et du matin, Apollon et Hyacinthe quittent leurs vêtements, imprègnent leurs corps des sucs de l'olive, et au jeu du disque ils s'exercent tous deux. Apollon le premier lance le sien dans les airs; il fend la nue, semble longtemps s'y perdre, retombe enfin sur la terre, et prouve du dieu l'adresse et la vigueur.

Soudain à l'ardeur du jeu te laissant emporter, imprudent Hyacinthe, tu t'élances pour saisir le disque bondissant; la terre le repousse, il va frapper ton front. Tu pâlis; comme toi, le dieu pâlit lui-même. Il soutient ton corps qui chancèle, il cherche à ranimer sa chaleur qui s'éteint. Il étanche le sang qui s'écoule, il exprime le suc des plantes pour retenir ton âme fugitive. Mais, hélas ! son art est impuissant. La blessure est mortelle.

Comme dans un jardin la violette, le pavot, ou le lis dont la tige fut blessée, languissent encore attachés à cette tige flétrie qui ne les soutient plus, inclinent leur tête, tombent et meurent sur l'herbe : tel Hyacinthe languit; sa tête appesantie sur son épaule tombe, et retombe couchée.

"Tu meurs, Hyacinthe, s'écrie Apollon ! tu péris moissonné dans ta fleur. Je vois ta blessure et mon crime. Tu causes ma douleur, et j'ai causé ta perte. On écrira sur ta tombe que ma main t'y précipita. Mais cependant quel est mon crime ? en est-ce un d'avoir joué avec toi ? en est-ce un de t'avoir aimé ? Que ne puis-je donner ma vie pour la tienne, ou mourir avec toi ! Mais puisque le Destin me retient sous sa loi, tu vivras dans ma mémoire, dans mes vers, sur ma lyre. Tu seras immortel par moi. Tu deviendras une fleur nouvelle. On lira sur tes feuilles le cri de ma douleur. Un temps viendra où un héros célèbre sera changé en une fleur semblable, sur laquelle on lira les premières lettres de son nom".

Tandis que le dieu parle encore, le sang qui rougit l'herbe n'est plus du sang. C'est une fleur plus brillante que la pourpre de Tyr; elle offre du lis et la forme et l'éclat. Mais le lis est argenté, et l'hyacinthe en diffère par la couleur. Apollon (car il fut l'auteur de cette métamorphose) trace lui-même sur l'hyacinthe le cri de ses regrets, et ces lettres Aï, Aï, sont gravées sur cette fleur.

Sparte s'honore d'avoir vu naître Hyacinthe, et de nos jours encore elle célèbre, tous les ans, sa mémoire, par des jeux antiques et solennels qui portent son nom.

Références de l'ouvrage :

Les métamorphoses
Ovide
Traduction de G.T. Villenave
Chant X, vers 163-219

Représentation de Apollon et Hyacinthe postérieure à l'antiquité:

 Hyacinthe mourrant dans les bras d'Apollon (voir commentaire dans la catégorie "les représentations postérieures à l'Antiquité")

 

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